Au début du XXe siècle, le village de Mont l'Évêque comptait pas moins de sept cafés.

À l'angle de la rue de l'Église et de la route de Nanteuil, le café tenu par Monsieur et Madame Laurent, "Chez Charlot", est celui qui a laissé le plus de souvenirs.
Dans la grande salle, séparée en deux par une cloison à claire-voie, on trouvait d'un côté le comptoir et quelques tables pour les joueurs de cartes, très nombreux à cette époque, et de l'autre côté, le billard qui n'était pratiquement jamais libre le dimanche après-midi.
dans une deuxième salle, un piano mécanique faisait danser tout le monde le dimanche. Par tradition, le bal de la fête patronale durait toute la nuit.
Chez Charlot se tenaient les banquets de la Sainte Cécile et de la Sainte Barbe,très en vogue à cette époque dans les petits villages du Valois; les musiciens et les pompiers étaient alors fort nombreux.
Après la première guerre, les anciens combattants y fêtaient leurs retrouvailles. Entre les deux guerres, le café fut repris par Monsieur et Madame Comtat et il était alors l'établissement le plus fréquenté par les jeunes.

À la fin du XIXe siècle, à l'autre bout de la rue de l'Église, vers le château, un autre café était tenu par Monsieur Francolin, dit "le père Arthur", puis par sa femme au début du XXe siècle. Dans une grande salle, on y dansait au son du violon.

En descendant la rue de Meaux, on trouvait le bureau de tabac, où existait encore une épicerie-buvette qui sera le dernier établissement à fermer ses portes au début de ce siècle. On y venait prendre un verre en achetant son tabac pour rouler sa cigarette , bourrer sa pipe mais aussi pou priser ou chiquer.
Ce café était surtout fréquenté par les moins jeunes, le dimanche, pour les parties de cartes et le billard, dans la salle du premier étage.

Vers 1900, l'Auberge de l'Escapade était un café tenu par Monsieur et Madame Normand. Vers 1905, ils le cédèrent à Monsieur et Madame Chrétien qui y installèrent une boulangerie, en gardant la buvette, assez peu fréquentée. Il y avait un jeu d'arc dans le jardin et l'on pouvait y danser dans une salle , c'est dire qu'à cette époque, tout le monde aimait danser à Mont l'Évêque !
Entre les deux guerres, la buvette fut remplacée par un restaurant bien fréquenté, tenu par Monsieur et Madame Vernet, et dont les anciens se souviennent bien dans le pays.

Un peu plus bas, de l'autre côté de la rue de Meaux, une épicerie-buvette changea très souvent de propriétaire: tenue au début du XXe siècle par Madame Cotton, sœur de Monsieur Chrétien, elle passa à la famille Tabard, puis à la famille Leroy et finalement à la fille de Madame Cotton pour finalement fermer vers 1972. Il y avait deux entrées, une pour la buvette, l'autre pour l'épicerie.

Juste à côté, une épicerie-buvette fut ouverte vers 1905 par Monsieur et Madame Lucien Debout. Vers 1914, ils la cédèrent à la famille Leroy qui la cédèrent eux-même à Monsieur et Madame Druet. Des habitués y jouaient aux cartes ou au billard. Les successeurs abandonnèrent l'épicerie et le billard pour monter un restaurant. Avant l'ouverture de la déviation Meaux-Senlis, on l'appelait le routier.

Enfin, en haut de la rue du Puits (autrefois dénommée la rue du Crapaud Sec) Madame Debout, mère de Lucien, tenait une épicerie-buvette. La partie buvette était toute petite, juste un comptoir, face à la porte. Dans la salle attenante, on vendait de l'épicerie et surtout de la mercerie. On y jouait aussi au billard. Les successeurs vendirent des fruits et le commerce ferma peu après la seconde guerre mondiale.

D'après Georges Fourcot - La Rurale n° 31 - 1986