Occupation des sols en région senlisienne au Moyen Âge

Le phénomène marquant de la deuxième moitié du XIe siècle est la réforme impulsée par le pape Grégoire VII (1073-1085).

Un de ses aspects est le retour dans le sein de l'église d'autels détenus jusqu'alors par des laïcs; les terrains occupés par ces églises pouvaient être importants et ont constitué alors un pôle d'attraction pour l'habitat laïque.

Les textes connus pour la première moitié du XIIe siècle font également référence à des installations d'hôtes dans des sites plus anciens, non dans des villages neufs, et sans parler d'essart. Ces installations d'hôtes reflètent une poussée démographique attestée par ailleurs, en Picardie, dans le dernier quart du XIe siècle.

 

La décennie 1150-1160 paraît marquer le début dans le Senlisis de la colonisation en grand du sol. Les essarts picards s'inscrivent dans une période de longue durée : de 1130 à 1280, avec deux phases importantes entre 1150 et 1170 puis de 1210 à 1240.

Dans un acte de 1143, le roi Louis VII confirme une autorisation accordée par son père Louis VI (mort en 1136) au nouvel évêque de Senlis, Pierre, élu en 1135, afin d'installer des hôtes dans le village épiscopal de Mont l'Évêque et d'y construire un moulin et un vivier. [Archives  nationales, JJ 26, fol. 138, texte latin : "quoniam villam de Montibus, quam ... Petrus, Silvanectensis episcopus fecit hospitari cum uivario et molendinoque ipsemet ibidem instituit".

 

Extrait de : "Défrichement et villeneuves. L'occupation des sols en région senlisienne au Moyen Âge" de Philippe Thuillot. Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Senlis - 1990/1994